mardi 14 octobre 2014

Embraskatong

Je t’embraskatong
embrasser ses origines
l’empremier baiser

l’origine du monde avec un Baskatong qui éclate entre les cuisses

Je t’embraskatong à l’origine du cri
au moment où Chaos se perds en Chronos...

où l’épaisseur prend son temps
aux portes du monde qui s’écoulent du Nord

La forêt, viârge!!

là où les taons ensemencent les bleuets après l’incendie
ensauvagé emboréalie
épinettière enrésine
bouche amoureuse à grandes gorgées
je fraye, remonté féconde pour pondre dans la mère d’eau douce

Kitchissippi
mon amour
Kitchissippi
mon camp est fait

Je t’embraskatong
embrasser ses origines
l’empremier baiser
 
2 mars 2014

Michel-Ange à Fort-Coulonge

Homo sapiens, bel écœurant
tu m'as fait voir à bout portant

toute la splendeur de Michel-Ange
et la douleur de Fort-Coulonge

la beauté folle de Néligan
aussi celle de Nelly Arcan

Ange dangereux, frère mon ami
oiseau de feu, je t'aime j't'haïs


27 janvier 2014

Ma poésie est un poêle à bois

Ma poésie est un poêle à bois
On la nourrit de bois mort
et l’alchimie sacrée de l'expérience humaine nous rend chaleur, lumière et chant tranquille d'éternité

Pompe à chaleur-lumière
geste fécond et généreux
alimenté par la patience de la Terre-mère
et le travail de l'Homme...

ouvrage-souffrance ou geste exalté,
tout y passe

Sa chaleur fais pas de distinction
elle chauffe tous ceux qui on froid ou qui s'y collent
elle brûle les imprudents et apaise ceux qui la considère avec amour et respect

Ma poésie est un poêle à bois
on sent sa chaleur avec le corps
avant même d'en voir la beauté et d'en entendre le chant millénaire
elle opère au plexus
 
1er janvier 2014
À 300km de distance, l'hiver s'installe Chez-vous comme chez-nous c'est pareille, moins le fédéral Dans les champignons les mots et la couleur on cherche un peu de frisson, du vrai frisson, celui du cœur de néandertal et pompe vers les bacchanales Entre la toundra et les vallées fertiles, la tête dégèle et nos ti-cœurs s'emballent Comme des lièvres qui ont pas peur qui courent après rien qui s'cachent juste pour le fun Comme des « ours qui fourent l'hivers » des trembles qui le font pour la musique et la beauté du geste Des saumons tranquilles, pas le temps de frayer, frayer son chemin, le courant qui passe sur le dos comme une caresse qui dure pas, un saumon tranquille, des ours qui fourent pis le coyote pas achalé par la chasse.

L'hivers s'installe à coup de brassée dans'boîte à bois Le paysage met sa robe de mariée pour une nuit de 6 mois, les feuillus se mettent tous nus, pis j'ai du poil dans'face Ça vas chauffer ma belle pis mon nom c'est Quercus Pinus, rouge blanc ou noir c'est selon    
5 décembre 2013

samedi 7 septembre 2013

Gatineau érotico-Charboneau (ou: Témoignage du cartel d'Éros)

J'peux peut-être pas fourrer la ville au complet
dans un four somme
mais je peux te faire jouir au claire de la lune
toucher ton fil, manger ta pomme

Pas génie-civile ni génie-conseil
plutôt sang-génie qui goute le miel

L'asphalte, je roule dessus avec nom char
pour aller te voir, question de liberté
Je la fabrique pas à prix d'or à prix patenté

Je tripotte pas des appels d'offres
Je te trioptte toi, ma belle, je m'offre
Le contrat est claire: 100% pour moé pis toé,
le double en retour pour la Mère Terre
dépassement assuré, livraison en années-lumières

Tu t'appelle Jenny-Vars, Sima +, toujours plus
éRoche sans dessus Dessault
T'exultes, I come

Je m'insoumissiones et tu m'accordes
Je suis fais de carbone et de désordre
on vas faire la paix dans l'garde-robe
et puis après, on fait l'amour pis fuck les ordres

vendredi 16 août 2013

Masham co-centrique



Bienvenue dans ma cabane
Prends-toé une gorgée élastique
Icite y’a pas d’chicane
Juste des copains co-centriques

On mange d’la bouffe en canne
Pis du pain biologique
Le mures sont en nanannes
Pis les filles ont pas d’plastique

Sainte-Cécile-de-Masham
En d’sous des tours électriques
Bienvenue dans ma cabane
L’utérus de toute ma clique

Ma date a s’apelle Méghane
Pis son chum est en Afrique
Y travaille dans la savane
Une gamique d’antibiotiques

Le soir y penses à sa femme
Elle a pense pas a s’exite
Viens t’assoirs sur ma bananne
J’vas t’montrer ma bombe atomique

Sainte-Cécile-de-Masham
Loins des circuits électroniques
Les hommes ici sont en larmes
Dans une danse extatique

6-7 mai 2013

Joual Vert


C’est l’joual de mon père
Un joual de trait, fort
Qui tire, qui crampe
La tête baissée par l’effort
Pas par humilité

Des joual de même
Y’a eu des milliers
Usés, fouettés
Puis brisés et remplacés par la machine

La machine à briser les chevaux
Celle qui rend fou les amoureux du sacré
Celle qui prend tout et laisse des morceaux rapiécés

J’ai un beau joual
Un beau grand joual fière
C’est le joual de mon père
Aujourd’hui redressé

samedi 3 août 2013

Adélaïde, mon amour

Adélïde!! Adélaïde!!
Adélaïde, mon amour!!

Windfall, mon frère
petit lac cristallin aux eaux froides
arrosé par les a’rsources
Cadeaux sacré des glaces du quaternaire
qui gèle à l’hiver et dégèle au printemps
depuis l’ère glaciaire il y a plus de 10 000 ans

Adélaïde, pays d’amour sur les berges de deux secrets
Adélaïde!!  Adélaïde!!
mon amour…

Pays sauvage et d’abondance
de bleuets et de barbottes aux déjeuner
Pays patenté par les mains habiles et bienveillantes des mononcles
nourrit par le sein généreux des matantes
ancrage de cousins et de cousines
aventures de tentes-roulottes
royaume de cathédrales en plywood
lieux d’apparition de la Mères de mères

Adélaïde, mon amour
territoire infini aux frontières de l’écoumène
aux portes du Bras-coupé-Désert, du Pontiac
dont le pied fragile touche à l’immensité boréale
ininterruption de trembles et d’épinettes
de brochets  et de lièvres
jusqu’en Abitibi et la toundra

Pays où les chemins de la liberté défoncent avec la crue des eaux
reconquis chaque printemps
par des détours en quatre-roues
Pays des longs week-ends et des été qui finissent pu jusqu’en octobre

Adélaïde, mon amour
Pays sacré des possibles
utérus de mes plus beaux rêves
idylle sous l’œil tranquille de l’Aigle
qui veille et nous protège

Adélaïde, mon secret
Adélaïde juste pour nous
Adélaïde comme nulle part ailleurs
Adélaïde héritage des Danis retrouvés
Adélaïde au bout du quai
Adélaïde au creux de nous-mêmes
Adélaïde!! Adélaïde!!

Adélaïde, mon amour
Je t’aime!!
3 août 2013

vendredi 7 juin 2013

Rémi



On est du même sang
du même père, de la même mère
des même bébelles
de la même jambe d’Eddy
des même doigt qui goutent le beurre
de la même cabanne en dessous du grand sapin

de la même roulotte au Lac Jonston
des mêmes après-midis de pêche au Lac Clair
seuls au monde  avec Mom pis Dad
des mêmes trails de 4 rous, du Pins-Rouges, du Brunelle, du Derby

On est des mêmes colères bleues bananes
de la même pouine, des même pouinos
des même youpidiloupes

amis de Lustyguini, Lucien Callu, Frank’n Pompe, Mouflet, Goblet, Tourne’in Cœur, Pascal Barbeau, Françis Maheu, La Poule, Rosalie Sansfaçon pis Lustacon

On est des mêmes pipes de hach
des mêmes rides de char à 11 dans l’K-car
des mêmes nuits éternelles
de la même cosmogonie mise en scène sur les toits d’écoles par une nuit acide irriguée par le solstice

On est du même rêve
On est des Frères

Toi, tu m’as tout donné
Tout appris
C’est toi qui m’a fait

Tu m’as aimé comme personne
comme personne peut espérer
Tu m’as attendu, tu m’as expliqué
T’as pris soins de moi
T’as pris le temps

Tu m’as ouvert la voie

Toi, tu m’as tout donné
Tout appris
C’est toi qui m’a fait

Criss tu m’as même donné un nom!!
Une bénédiction

On m’a dit que j’étais déphasé
pas adaptable
une maudite chance que t’étais là
pour me dire que c’est bin ok
et même souhaitable

Aussi loin que j’ai pu aller
du fin fond du plus profond du fond du boute d’la marde
les seuls morceaux qui me sont restés
sans le savoir
C’était des morceaux de toé

Chuis en vie!!
Tu comprends-tu, Rémi
Que c’est grâce à toé?!?

Aujourd’hui chuis beau, grand et fière
mais chuis rien’que ton p’tit Frère

Toi t’as le sexe des étoiles
La beauté de la lumière
La souplesse de l’animal
Et la grandeur de l’Univers

T’as ce qu’il y a de plus précieux
le sens du temps, de l’espace
et du sacré
T’é une faveur des dieux
un cadeau ensoleillé

T’é un Chaman
je t’ai vu de mes yeux vus
dompter une sorcière!!
T’é un ange de boucanne
un philosophe à ta manière

Je t’ai vu les doigts en sang su ton tam-tam
endiablé par le beat du cœur de la Mère Terre
tes yeux dans les miens, mon Frère

Tes beau bras forts
Ton sourir de jette de papier
Ton corps
est un temple sacré

T’é mon refuge, ma retraite à moé
ma salle de balle
ma place à party
Mon nid d’amour
D’éternité

Toi t’as le sexe des étoiles
La beauté de la lumière
La souplesse de l’animal
Et la grandeur de l’Univers

Merci
Je t’aime
Ton P’tit Frère